The study of megalithic architectures focused for many years on the funerary space, but it enquiry has subsequently extended to the entirety of the monumental structure and to its placement within its physical, temporal and human setting. In the light of new information acquired over the past 20 years it is perhaps timely to revisit notion of the architectural project. In analyzing the intentions that can be attributed to the Neolithic builders we must consider what evidence is available to be drawn from the construction process, and therefore from the building site. We have also to ask what can learned from the evidence of constructional sequences, and from the additions and modifications through which each generation reappropriated the unique significance of the specific site.

 

These "primitive" architectures may appear to be the outcome of a construction project as rudimentary, and a construction process as opportunistic, as the large slabs that they employed. That is clearly not the case, but to what extent? Each building project was unique, and details study can assess the architectural function or the manipulation of each element, and the reuse, secondary reworking and other successive modifications to which they were subjected. Along with the manner in which the materials were used, this reveals a store of knowledge that sometimes differed considerably from one structure to another, even between those of the same period within a single region. Reconstructing the building processes allows a better understanding, first, of the nature of theses architectural projects, and second , of the purposes and uses for which they were intended. We also have the opportunity to review evidence for the transport and erection of the materials used in the building work. Ethnographic parallels and experiments have multiplied over the past twenty years, and this is also one of the subject that have attracted the greatest public interest, although no general review of knowledge in this domain has been undertaken

 

What are the kinds of evidence and what are the telltale signs that can document the progress and operation of each building site, each sequence or series of phases, of each construction project and the intentions that lay behind it? To what extent do the restoration works undertaken by our own and by preceding generations take account of these issues? Were these building project long-term, undertaken by a small group of people during the slack season, or were they co-ordinated and continuous? If the latter, were they accompanied by the provision of shelters intended to accommodate the whole of the work force during the work? Or should we instead envisage periodic assemblies of people who were sometimes deployed for these activities, enhancing the cohesion of the group through a collective undertaking that tied the individual into the group? The organization of work on the building site indirectly reflects the social organization of the groups involved just as does the number of people whose bodies were deposited within funerary spaces, or whose bones were arranged and stored there. Theoretical discussions have explored the full range of possibilities, but the material evidence that might allow more specific insights in individual cases remains relatively rare.

 

Dolment of the Pierre Pèse, Limalonges, Deux-Sèvres
Dolment of the Pierre Pèse, Limalonges, Deux-Sèvres

L'étude des architectures mégalithiques s'est longtemps focalisée sur celles des espaces funéraires, pour s'étendre ensuite à l'ensemble de la construction monumentale ou à la façon dont celle-ci s'insère dans son cadre physique, temporel et humain. Il est peut-être temps désormais de revisiter la notion de projet architectural à la lumière des acquis de ces vingt dernières années. Mettre en relief les intentions que l'on prête aux bâtisseurs du Néolithique, c'est aussi en creux pouvoir distinguer ce qui ressort plutôt de la mise en œuvre et donc du chantier de construction. Ce sera aussi distinguer ce qui ressort de séquences distinctes, de projets successifs ou d'ajustements qui permettront à chaque génération de se réapproprier ce qui fait la singularité d'un lieu précisément.

 

Architectures "primitives" dont le projet serait aussi rudimentaire et la mise en œuvre aussi aléatoire, en apparence, que l'aspect des grosses dalles employées? Certainement pas, mais dans quelle mesure? Si chaque projet est singulier, l'étude détaillée de la fonction architectonique ou de l'agencement de chaque élément, celle des remplois, reprises en sous-œuvre et autres transformations successives qu'ils ont subis, comme celle de la façon dont les matériaux ont été employés, nous révèlent une somme de savoir-faire qui diffèrent parfois très largement d'une construction à une autre, parfois aux mêmes époques et dans la même région. Faire revivre ces chantiers de construction permet de mieux comprendre, en amont, la nature des projets architecturaux, et en aval, les fonctions comme l'usage auxquels ils étaient destinés. Ce pourrait être enfin l'occasion de faire une synthèse sur le transport et le levage des matériaux utilisés au cours du chantier : exemples ethnographiques et expérimentations se sont multipliés depuis une vingtaine d'années sur un sujet qui est aussi de ceux qui interpellent le plus le grand public, sans qu'aucune actualisation globale des connaissances ait été véritablement entreprise dans ce domaine.

 

Quels vestiges, quels stigmates seraient-ils susceptibles de rendre compte de la progression et du déroulement de chaque chantier de construction, de chaque séquence ou phasage, de chaque projet et des intentions qui les sous tendent? Dans quelle mesure nos propres restaurations ou celles de nos prédécesseurs en rendent-elles compte, véritablement? Chaque chantier de construction a-t-il été mis en œuvre sur la durée, par un groupe restreint au cours de la morte saison ou s'est il déroulé de façon continue et coordonnée? Dans ce dernier cas, a-t-il donné lieu à l'aménagement de lieux de vie destinés à abriter l'ensemble des ouvriers mobilisés pour l'occasion? Ou serait-ce plutôt la pratique de regroupements collectifs périodiques qui aurait parfois été mise à profit dans ce sens, assurant la cohésion du groupe dans un effort collectif qui emporte l'adhésion de chacun? Au même titre que le nombre de personnes dont le corps a été exposé sur le sol des espaces funéraires, ou dont les ossements ont pu être rangés et stockés à cet endroit, l'organisation du travail sur le chantier de construction est un autre reflet indirect du mode d'organisation social des groupes concernés. Au-delà de dissertations théoriques qui explorent toute l'étendu des possibles, les éléments de preuve susceptibles de trancher sur des cas concrets restent encore assez peu nombreux.